Études-de-cas

Janvier 2011

La Nation d’Aroland : écrire notre avenir

La Première nation Aroland First Nation met par écrit sa vision d’avenir

Bien consciente de l’importance de la transparence et de l’obligation de rendre compte, la Première nation d’Aroland, en Ontario, a rédigé un document qui donne les grandes lignes de la vision stratégique de la communauté et donne le plan de travail qui permettra de réaliser cette vision.
Le conseil nouvellement élu d’Aroland a demandé au Centre de donner neuf ateliers sur la reconstruction des nations afin que la nation puisse disposer des outils nécessaires pour établir des pratiques exemplaires en matière de gouvernance. En octobre 2010, le Centre a donc animé le premier de ces ateliers, qui portait sur la prospective communautaire et la planification stratégique.
Cet atelier met en évidence le fait que la communauté doit d’abord se donner une vision stratégique claire, qui constituera le fondement de toutes les activités et initiatives futures. Si la communauté d’Aroland s’était dotée d’un plan stratégique dans le passé, celui-ci était inefficace parce qu’il n’était pas documenté. Les participants à l’atelier ont fait un survol historique – ce qui leur a permis de dégager une vision commune de leur passé – puis ils ont fait un exercice de mise en correspondance par lequel ils devaient tracer le portrait de ce que sera, selon eux, leur communauté dans 10 ans. Ces deux exercices ont permis aux participants d’élaborer une vision d’avenir commune de leur communauté.
Il est essentiel pour une communauté d’avoir une vision de son avenir. Mais il est tout aussi essentiel qu’elle se donne un plan stratégique bien documenté pour réaliser cette vision. Cet atelier a ainsi permis aux participants de créer un plan de travail qui déterminait les activités à réaliser pour l’année 2010-2011. Ce plan de travail ambitieux établissait les responsabilités et le calendrier à réaliser, notamment :
- création d’un office d’habitation pour élaborer une politique sur le logement;
- création d’un office de la santé pour élaborer des programmes destinés à favoriser une communauté en santé;
- création d’un conseil de développement économique pour élaborer des politiques et une réglementation en vue de soutenir les petites entreprises et les activités des entrepreneurs;
- élaboration de règlements et de politiques pour s’assurer que la langue et la culture ancestrale font partie des programmes éducatifs;
- travail avec les aînés afin d’archiver et documenter le savoir traditionnel; et
- création d’un conseil de la jeunesse afin d’inciter les jeunes à développer leurs qualités de leader.
Par la suite, un autre atelier sur les droits territoriaux a informé les participants de l’obligation faite au gouvernement fédéral de consulter les Autochtones et de respecter leurs droits issus de traités. Les participants ont été également sensibilisés à l’importance de conserver des traces documentaires complètes et la nation a donc entrepris d’enregistrer et de documenter l’histoire de ses traditions orales.
Ces deux ateliers ont donné des résultats bien tangibles pour la communauté d’Aroland. En effet, la communauté est maintenant plus que jamais consciente de l’importance de la transparence et de l’obligation de rendre compte, importance qui s’impose par la création d’une vision et d’un plan de travail écrit et par la décision de documenter les frontières de son territoire ancestral.